Jean Malaquais – Un métèque au cœur du XXè siècle

Lecture en deux temps au Théâtre du Petit Matin
- Les 1, 2, 3 Décembre 2011
Extraits de "Journal de Guerre" et "Les Javanais"
Distribution : Jacques Germain, Eric Poirier, Danielle Stéfan
- Printemps 2012 (dates à définir)
Extraits de "Journal du métèque" et "Planète sans Visa"
Distribution : Jacques Germain, Eric Poirier, Danielle Stéfan

L'éditeur Jean-Pierre Sicre définissait ainsi cet écrivain: "Vladimir Malacki, petit juif de Pologne parti de chez lui à dix huit ans courir le monde, débarqué en France au début des années trente et y crevant la dalle au gré de cent boulots de galérien... mais allant se chauffer le soir en bibliothèque, apprenant tout Villon par cœur, et se piquant d'écrire en notre belle langue alors qu'il parle encore avec l'accent de sa quasi-Sibérie natale".

En 1939, il publie "Les Javanais" chez Denoël, sous le nom de Jean Malaquais, sur les conseils de son éditeur. Ce qu'il y a de plus étonnant sans doute dans ce roman est la prévision de ces temps abominables qui allaient suivre, mais aussi et surtout l'incroyable modernité de cette langue décrivant un monde de "sans-papiers".

La nouvelle de sa victoire au Renaudot, Malaquais l'apprend alors qu'il est mobilisé (bien que toujours apatride !). Il raconte cet évènement dans un… drôle de journal, son "Journal de Guerre", qu’il commence dès le mois d’août 1939 pour parler de cette "Drôle de guerre".

Le  "Journal de guerre" est un acte de résistance à la guerre où il s’efforce de témoigner pour survivre. Sans jamais s’exclure complètement de l’humanité, il observe l’abrutissement de masse de la troupe en campagne. Il a besoin de comprendre cette déchéance pour demeurer lui-même et sauver sa confiance en l’homme.

Il témoigne dans le "Journal du métèque", de la déroute de 1940, de sa fuite à travers la France occupée qui l’amènera jusqu’à Marseille, d’où il finira par embarquer pour le Nouveau Monde en octobre 1942.

Marseille, 1942, quelques mois avant l’invasion de la zone libre par les Allemands, c’est le décor de "Planète sans visa", considéré comme son chef-d’œuvre. Ce roman est une grande fresque historique où le lyrisme visionnaire se mêle au plus sombre réalisme. Marseille est devenue entre 1940 et 1942, un lieu de refuge et de transit privilégié pour des milliers d’artistes et d’intellectuels français et étrangers fuyant le nazisme. Un nouvel univers se crée et se superpose à la ville.

Jean Malaquais est un auteur incontournable qui nous permet de jeter un autre regard sur cette période foisonnante quoique qu’en grande partie méconnue de l’histoire de Marseille en particulier.

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